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| Histoire |

L'histoire des Chambres d’Agriculture d’après les Chambres d’Agriculture des origines à la refondation par Gilbert Delaunay :
une conception laborieuse, de multiples avortements, une naissance sans enthousiasme, peu de moyens, de modestes débuts avant l'asphyxie.
Puis, la refondation, malgré d'ultimes tentatives d'étouffement.
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Au-delà de l'histoire des Chambres d'Agriculture proprement dite, c'est la problématique des rapports avec l'Administration et le Pouvoir politique, d'une part, et avec les organisations professionnelles essentiellement le Syndicalisme, d'autre part, qui apparaît, toujours plus ou moins conflictuelle, en raison de l'étendue des zones d'intervention communes sur lesquelles chacun peut prétendre jouer son rôle, et des rapports de force qui en résultent.
Au niveau départemental, l'apparition d'un établissement public professionnel susceptible de contrebalancer une tutelle traditionnelle sur les organisations professionnelles, ne manque pas d'éveiller des craintes qui s'expriment parfois sans nuances. Lorsque, de leur rôle à peu près exclusivement consultatif pendant la période d'avant-guerre, les Chambres d'Agriculture passeront à des interventions directes, en matière de vulgarisation du progrès technique, domaine jusque là quasiment réservé, les conflits de compétence s'avéreront encore bien réels, jusqu'à la clarification résultant de la réforme des services extérieurs du Ministère de l'Agriculture.
De son côté, la profession a d'abord multiplié, à partir de la fin du XlXème siècle, les organisations syndicales, mutualistes et coopératives, depuis le niveau du village jusqu'au niveau national, avec une dualité politique fréquente. C'est ensuite sur le fond de la crise économique qui se dessine, le grand rêve d'une organisation unitaire qui semble faire taire les divergences. En 1919, la création de la Confédération Nationale des Associations Agricoles (CNAA) consacre cette idée d'unité professionnelle, et l'avènement des Chambres d'Agriculture n'est donc pas considéré comme nécessairement bienvenu. |
 Une naissance longtemps contrariéeInstituées par la II ème République, supprimées à la suite du coup d'Etat du 2 décembre 1851, reconstituées soixante douze années plus tard par la même République (loi du 3 janvier 1924), supprimées à nouveau par le régime de Vichy (loi du 2 décembre1940 relative à l'Organisation Corporative de l'Agriculture), reconnues enfin comme ayant une existence légale selon l'avis du Conseil d'Etat du 17 mai 1949, les Chambres d'Agriculture auront donc connu, en un siècle, des états successifs, composant une histoire riche d'enseignements, alors que depuis maintenant cinquante ans, leur existence, sans être exempte de controverses, paraît enfin avoir acquis la stabilité.
Sans remonter plus avant, mais au moins depuis 1789, les Pouvoirs Publics ont reconnu l'utilité, et soutenu parfois la création et le fonctionnement de Sociétés agricoles ayant un certain caractère représentatif, et cela, donc, bien antérieurement à la création des premiers Syndicats agricoles autorisés par la loi du 21 mars 1884. Il s'agissait notamment des Comices, principalement chargés d'organiser des concours, et dont les réunions, à l'échelle du canton, permettaient la confrontation pacifique, voire parfois folklorique, entre les élites agricoles et l'administration.
C'est en vue de développer et d'officialiser cette confrontation que, le 8 avril 1840, MM. DEFITTE et BEAUMONT déposent à la Chambre des Députés une proposition de loi visant à la création des Chambres d'Agriculture. Contestée par le Gouvernement, cette proposition sera néanmoins prise en considération, grâce notamment aux interventions de M. de LAMARTINE et du Maréchal BUGEAUD qu'on aurait pu supposer enclins à d'autres préoccupations.
La fin du second Empire emporte beaucoup d'institutions, dont les Chambres d'Agriculture d'arrondissement, qui cessent de se réunir et de fonctionner, ipso facto. Pendant près de cinquante ans, la III ème République va voir naître de nombreuses initiatives visant à rétablir les Chambres d'Agriculture.
La nécessité d'un minimum de coordination et l'utilité pour le Pouvoir de disposer d'un interlocuteur officiel, vont certes contribuer à maintenir l'idée d'une représentation officielle de l'Agriculture, à travers des Chambres départementales, mais tout cela sans résultat pratique jusqu'en 1919. |
La loi du 3 janvier 1924 | La loi du 3 janvier 1924, sur une proposition déposée par Joseph FAURE, Sénateur de la Corrèze, est donc enfin votée et promulguée. Elle constitue la charte organique des Chambres d'Agriculture
"Institution professionnelle reconnue établissement public, la Chambre d'Agriculture apparaît cependant comme moderne par rapport à d'autres institutions comparables, telles les Chambres de Commerce, de création plus ancienne, puisque notamment, il est prévu la représentation des organisations professionnelles, le droit de vote aux salariés agricoles ainsi qu'aux femmes, probablement par reconnaissance de leur rôle à la tête des exploitations agricoles pendant la guerre".
Entre la promulgation de la loi, et son application, trois années vont encore passer, le Gouvernement traînant les pieds pour dégager les crédits nécessaires aux élections, ce qui ne manque pas de réjouir ceux qui, notamment dans l'administration départementale, craignent l'apparition d'un organisme susceptible d'échapper à leur tutelle. |
La mort lente | Les Chambres d'Agriculture créées par la loi du 3 janvier 1924 seront supprimées par arrêté du Ministre Secrétaire d'Etat à l'Agriculture dès que l'organisation régionale aura été constituée. Elles prennent désormais comme programme exclusivement le programme des anciens Offices Agricoles, l'Assemblée Permanente des Présidents des Chambres d'Agriculture est supprimée».
Ainsi, les Chambres d'Agriculture, dont la loi prévoit la suppression, sont néanmoins maintenues dans une activité provisoire, strictement limitée, dans l'attente de textes d'application devant concrétiser cette suppression. Un système fallacieux, qui permet d'attendre la mise en place des nouvelles structures de la Corporation Paysanne, tout en continuant à percevoir le produit des centimes normalement affectés au financement des Chambres d'Agriculture. |
Une renaissance contestée | Il se passe donc encore quatre années pendant lesquelles la question des Chambres d'Agriculture peut paraître enterrée, dans l'indifférence générale.
Le Syndicalisme est alors animé par une nouvelle génération de dirigeants, issus pour la plupart de la JAC (FORGET, GENIN, NOVE -JOSSERAND, BIZET, etc. .. ) pour qui le syndicalisme, à la fois objet et moyen, a par essence même, la première place, et ne saurait supporter toute atteinte à cette primauté, Ainsi s'exprime, E. FORGET, Président de la FNSEA, dans un grand discours à Besançon le 25 novembre 1948 : ... "Une réunion vient de se tenir à Paris qui pourrait peut-être un jour entraîner un grave danger pour notre unité. Je veux parler de l'assemblée des Présidents des Chambres d'Agriculture qui s'est tenue pour la première fois depuis la Libération. Une question se pose: cette assemblée veut-elle se placer à côté de l'organisation syndicale pour la seconder, ou au contraire, pour la combattre? Si cette résurrection était faite dans l'espoir de nous diviser, des hommes auraient trahi la cause paysanne ... " |
 Le renouvellement général de 1952Dans l'ensemble de la France, ces élections vont effectivement se passer, sous le signe de l'union, sans d'ailleurs passionner l'électeur de base, qui commence à avoir d'autres préoccupations, d'ordre économique. Les difficultés, relativement rares, viennent surtout des prétentions des Organisations évincées du syndicalisme à la Libération, mais très présentes dans les secteurs de la Coopération et de la Mutualité 1900, à reprendre place (Union du Sud-Est, Bretagne, etc".), alors que certains dirigeants sont encore marqués par des responsabilités assumées au sein de la Corporation Paysanne.
Entre le 2 décembre 1940 et le 27 mai 1952, près de douze années se sont donc écoulées, au cours desquelles l'institution "Chambre d'Agriculture" aura connu les péripéties qui viennent d'être relatées, frôlant la mort, mais jamais totalement asphyxiée. Finalement, depuis 1927, les Chambres d'Agriculture n'auront connu qu'une douzaine d'années de fonctionnement, souvent bien modeste d'ailleurs, essentiellement dans leurs attributions consultatives formelles, et sans jamais éclipser, encore moins concurrencer, les grandes organisations professionnelles, générales et spécialisées. Bien peu, sans doute, pressentent donc leur futur développement. |
Les assises de la refondation | Il est maintenant clair que les Chambres d'Agriculture, ainsi renouvelées, ne devraient plus avoir à craindre de voir leur existence contestée, d'autant plus que beaucoup de dirigeants de la FNSEA se retrouvent aux commandes de nombreuses Chambres, ainsi que de l'APPCA.
Les Chambres d'Agriculture qui décideront de se doter assez rapidement d'un personnel propre à l'établissement, recruteront davantage sur un profil technique qu'administratif, et on verra donc ainsi arriver une nouvelle génération de jeunes ingénieurs, engagés pour des actions de formation professionnelle et de vulgarisation, rôle essentiel des Chambres d'Agriculture dans cette période de démarrage: conseiller technique, secrétaire administratif et technique, telles seront souvent leur première appellation, avant qu'ils ne se voient confier les tâches, puis plus tard, le titre de directeurs.
Si donc, à l'échelon départemental, chaque Chambre s'accommode tant bien que mal de la situation nouvelle, en matière de fonctionnement administratif, et n'hésite même pas, ça et là, à se lancer dans des premières opérations de vulgarisation du progrès technique, c'est cependant l'insuffisance des moyens qui est tout de suite mise en évidence, et occupe une partie importante des débats, lors des sessions nationales.
A l'évidence, ce n'est pas avec le produit de la perception de dix centimes additionnels à la contribution foncière des propriétés non bâties que les Chambres d'Agriculture sont en mesure de fonctionner dignement et d'entreprendre les actions spécifiques, telles que précisées dans l'accord national du 3 février 1951. Elles risquent donc de n'avoir d'autre rôle que celui d'une caisse de résonance du syndicalisme.
A l'évidence, un déclencheur est nécessaire pour donner aux Chambres d'Agriculture qui en ont la volonté politique les moyens financiers et réglementaires indispensables à la mise en œuvre de leurs projets notamment en matière de création de services techniques.
C'est le décret du 24 décembre 1954 tendant à assurer la participation des Chambres d'Agriculture à l'expansion économique (un texte fondamental préparé par L. PRAULT, alors Conseiller au cabinet du Secrétaire d'Etat à l'Agriculture, Jean RAFFARlN), qui va constituer la base de ce développement.
Certes, l'Administration (Ministère de l'Agriculture et Ministère des Finances) va tenter immédiatement de limiter le champ d'action ainsi ouvert, alors que, localement, des obstacles vont parfois surgir, venant de certains éléments de la Profession, comme de l'Administration (DSA) qui voit d'un œil inquiet des attributions traditionnelles lui échapper. Cependant, le mouvement qui va permettre aux Chambres d'Agriculture, en quelques années, d'acquérir une place incontestée, digne de leur nature d'établissement public représentatif et moteur de l'économie agricole) est bien lancé.
La refondation des Chambres d'Agriculture, si longtemps compromise, est désormais assurée. |
La Chambre d'Agriculture des Alpes de Haute-Provence depuis le début du 20 ème siècle |
Les Présidents
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Les Directeurs
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J. TARTANSON (1927-1949)
R. ARNAUD (1949-1952)
L. LATIL (1952-1974)
F. TARDY (1974-1982)
J. CHABOT (1982-1983)
S. BERNARD (1983-1995)
A. PINATEL (1995-2008)
F.ESMIOL depuis 2008 |
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H. TRON (1952-1973)
M. MAURIN (1973-1982)
A. BOYER (1982-2007)
B. SAVORNIN depuis 2008
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